Deux départs majeurs chez Alphabet en l'espace de quelques jours ont secoué le monde de la tech cette semaine. D'abord Demis Hassabis, fondateur et CEO de Google DeepMind, qui annonce passer au rôle de président d'Alphabet pour se concentrer exclusivement sur les travaux de recherche vers l'AGI. Puis Jeff Dean, Chief Scientist de Google et l'une des figures les plus influentes de l'ingénierie logicielle moderne, qui annonce son départ après 27 ans pour co-fonder un laboratoire de recherche en IA indépendant.
Demis Hassabis : du CEO à l'AGI
Hassabis avait fondé DeepMind en 2010 à Londres, vendu à Google en 2014. Il a supervisé AlphaGo, AlphaFold, Gemini, et des dizaines d'avancées majeures. Son passage au rôle de président n'est pas une retraite : c'est, selon ses propres termes, une tentative de se libérer des responsabilités opérationnelles pour consacrer tout son temps à la recherche sur l'intelligence générale artificielle. Koray Kavukcuoglu, actuel CTO de DeepMind, prend le rôle de CEO de la division.
Jeff Dean : 27 ans et une sortie fracassante
Jeff Dean a co-créé MapReduce, TensorFlow, les Tensor Processing Units (TPU), et signé des dizaines de papers fondateurs. À 57 ans, il annonce son départ pour co-fonder un laboratoire de recherche en IA dont les détails restent flous, mais qui serait orienté vers des architectures neuronales radicalement différentes des transformers actuels. Son départ, combiné à celui de Hassabis, a fait chuter l'action Alphabet de 5% en deux jours.
Ce que ça dit sur l'état de l'IA en 2026
Ces mouvements illustrent une tendance de fond : les chercheurs de haut niveau n'attendent plus d'être dans une grande structure pour avoir de l'impact. La disponibilité du compute via cloud, des datasets via le web, et des financements via des fonds spécialisés permet de monter un laboratoire sérieux en dehors de Google ou Meta. La guerre des talents IA continue, mais elle se joue maintenant entre les big tech et des nouveaux labos indépendants.
- Google DeepMind — DeepMind, 2026